Formation – Approche des libertés et droits culturels avec La Concertation – 24/3/26 – Inscriptions

La Concertation – Action Culturelle Bruxelloise, en partenariat avec la Plateforme d’observation des droits culturels de Culture & Démocratie, représentée par Thibault Galland, propose une journée de formation autour des libertés et droits culturels.

Comprendre et intégrer les droits culturels

Les droits culturels, dont l’évolution fait reflet des bouleversements politiques planétaires et de leurs résonances au niveau des peuples et des nations, sont reconnus par plusieurs textes internationaux. Depuis leur première évocation en 1948 dans la Déclaration universelle des droits humains, ils ont pris différentes définitions et dimensions. Très souvent, la notion de « droits culturels » manque de clarté et par conséquent leur application reste encore à une étape exploratoire. Notre but ? Renforcer ces droits chez tous et toutes !

Les inscriptions pour la formation sur les droits culturels 2026 sont ouvertes

Les droits culturels se révèlent dans nos pratiques comme un levier pour légitimer nos actions, une éthique qui guide ces dernières et (re)donne du sens à notre engagement. Mobiliser les droits culturels est essentiel mais avant ça il faut bien les connaître.

Cette formation a pour objectif de favoriser une meilleure appropriation des libertés et des droits culturels. Elle s’articule autour de plusieurs temps complémentaires :

  • Un éclairage historique et conceptuel proposant un bref retour sur l’émergence des droits culturels, ainsi qu’une introduction aux principaux référentiels et sources juridiques qui les fondent ;
  • Un arpentage du carnet de découverte des droits culturels, élaboré par l’ASTRAC et la Plateforme d’observation des droits culturels de Culture & Démocratie.
    Ce carnet cherche à aider les professionnel·les des Centres culturels mais aussi d’autres secteurs plus ou moins proches à se familiariser (davantage) avec les droits culturels.
  • Une présentation d’outils pratiques sur les droits culturels permettant d’intégrer les droits culturels dans les pratiques professionnelles et les dynamiques de terrain.

Cette journée se déroulera le mardi 24 mars, de 9h30 à 16h30 à la Maison des Cultures de Saint-Gilles.

Cette formation collective s’adresse en priorité aux membres de La Concertation, peu familiarisés avec les droits culturels et à celles et ceux souhaitant réactiver leurs connaissances. 

ATTENTION, les inscriptions se clôturent le 13 mars 2026.

Pour davantage d’informations, vous pouvez :
Consulter la fiche-projet de la formation 2026 ;
Contactez Sophie Colard : s.colard@laconcertation-asbl.org

Formation – Droits culturels et Territoire : suivi Wapi 1 an après ! – 19/3/2026

1 an après le module de Formation – Module « À partir des territoires en WaPi » en janvier, février et mars 2025, la Plateforme d’observation des droits culturels avec Culture·Wapi et l’ASTRAC proposent une journée d’échange et de suivi pour prendre la mesure des acquis et discuter des problématiques rencontrées depuis lors.

C’est un temps consacré au rafraîchissement des droits culturels et de nos pratiques. Il s’agit d’une journée de formation pensée comme un temps d’échange et d’expérimentation autour des droits culturels, à partir de projets concrets et de situations de terrain.

Programme:

  • Partage de projets et d’expérimentations en cours, suivi collectif d’une analyse d’un cas pratique à la lumière des droits culturels.
  • Mise en pratique de l’outil « Comment la culture peut nous relier au vivant ? », proposé par Thibault Galland (Culture & Démocratie), pour explorer les liens entre droits culturels et écologie, et ouvrir des pistes vers d’autres thématiques (genre, logement, alimentation…).

En pratique:

  • Le jeudi 19 mars
  • de 9h à 16h30
  • dans les locaux de Culture·Wapi (Technicité, rue Madame 14, 7500 Tournai)
  • Prix : 40€ (repas inclus)

Inscription: https://www.billetweb.fr/formation-droits-culturels-et-territoire-suites

Plus d’informations: via la Plateforme d’observation des droits culturels et Culture·Wapi.

Formation sur mesure ou accompagnement

Présentation

À la demande, la Plateforme d’observation des droits culturels peut accompagner des travailleur·ses, des équipes, des organisations dans la réflexion, la structuration, la mise en œuvre et l’évaluation de leurs projets. Et ce, spécifiquement, dans le travail et la mise en œuvre des droits culturels à travers les projets et actions menées, avec les partenaires et les publics.

Pour ce faire, la Plateforme construit la formation ou l’accompagnement selon les besoins des participant·es et leurs pratiques professionnelles de terrain. Cela pour répondre de façon adaptée aux questions, problématiques et nécessités qui se posent pour les travailleur·ses et groupes.

Notez que le point de départ de cette offre tient aux réalités et pratiques professionnelles au regard des droits culturels, en matière notamment de compétences, de posture, d’outils et méthodologies, de partenariats et coopérations. Et ce, en référence aux cadres juridiques porteurs d’obligation et les cadres éthiques porteurs de responsabilité (décrets et contrats-programmes, missions et valeurs de l’organisation, évaluation et autoévaluation, etc.). Dans l’optique que la formation ou l’accompagnement permette une capacitation et montée en compétences des personnes, ainsi qu’une évolution de la situation professionnelle.

En pratique

  • Cela concerne les équipes de travailleur·ses, les groupes professionnels ou non en FWB, des partenaires d’un territoire ou d’un secteur, etc.
  • Cela peut être organisé dans vos locaux ou chez nous (72 rue Coenraets 1060 Saint-Gilles).
  • Les dates et la durée (1/2j à plusieurs jours), la tarification, la méthodologie et les contenus sont à préciser ensemble.

Les objectifs peuvent être, entre autres :

  • La sensibilisation et l’appropriation des droits culturels au sein de la structure, au niveau du territoire d’action, avec les partenaires, avec les élu·es locales,… ;
  • Une clarification du projet global ou la vision de la structure au regard des droits culturels ;
  • Un diagnostic ou une évaluation des actions menées au regard des droits culturels ;
  • La conception d’un projet culturel et sa méthodologie en référence aux droits culturels.

Pour ce faire, la formation sur mesure ou l’accompagnement appuie sur les points d’attention suivants pour poser l’offre en concertation avec les participant·es:

  • Situer sa pratique et soi-même au sein des référentiels ;
  • S’approprier les notions propres aux droits culturels ;
  • Analyser et évaluer ses pratiques au regard des droits culturels ;
  • Problématiser les droits culturels en rapport avec les pratiques, et conceptualiser à partir de ces droits pour former des hypothèses d’action.

Un exemple:

Une séance d’accompagnement réalisée avec La Concertation, Action Culturelle Bruxelloise le 2 février 2026 dans les locaux de la structure dans le cadre d’une réflexion autour du projet global de l’association.

Durant une matinée (9h30 à 13h), plusieurs temps ont permis de rafraichir les référentiels des droits culturels et nourrir le langage commun en équipe autour de ces droits et leurs pratiques dans la structure et son réseau de membres.
1) Un premier temps a permis de partager des représentations autour des droits culturels, les mettre en lien avec leurs référentiels juridiques en FWB et poser une définition sous forme de carte mentale ;
2) Un second temps a permis à travers un jeu de se réapproprier des notions relevant des droits culturels et les mettre en lien avec les pratiques de terrain, des exemples d’action ;
3) Sur cette base, les exemples ont pu être analysés, évalués et discutés collectivement au regard des droits culturels. Cela a permis d’établir un premier diagnostic des actions et pratiques au regard des droits culturels, qui sera ensuite repris dans le cadre de prochaines journées d’accompagnement avec d’autres formateur·ices.

Voici un exemple possible d’accompagnement sur mesure, il est évident que la proposition peut être adaptée aux besoins.

Pour plus d’information et co-construire une formation sur mesure ou un accompagnement selon vos besoins, veuillez prendre contact avec la Plateforme d’observation des droits culturels.

Formation – Découverte et appropriation des droits culturels J2 – 26/3/26 – Inscriptions

De la théorie à la pratique : les droits culturels dans nos réalités territoriales

Analyse de cas pratiques et ancrage territorial

Vous êtes un acteur culturel et artistique en province de Luxembourg ?

Après une première journée consacrée à la découverte et à l’appropriation des 8 droits culturels, nous vous proposons une deuxième journée, centrée cette fois sur la mise en pratique et l’analyse de cas concrets issus du terrain.

Avoir participé à la première journée n’est pas obligatoire, mais une bonne connaissance des droits culturels ou une bonne lecture du carnet des droits culturels est nécessaire.

Programme :

Cette deuxième journée sera l’occasion:

  • d’ancrer les droits culturels dans le territoire : pratiques, vécus et dynamiques du territoire ;
  • d’approfondir la compréhension des droits culturels à partir de situations réelles apportées par les participants ;
  • de nourrir une analyse du territoire et des pratiques au regard des droits culturels.

La méthode pédagogique restera interactive et participative : transmission, réflexion, échange, appropriation… et action.

Inscrivez-vous et faites vivre les droits culturels en province de Luxembourg !


Date, horaire et lieu : le jeudi 26 mars 2026, de 9h30 à 16h30 à Bastogne (lieu à préciser).

Prix : 20€ + 5€ pour le repas de midi.

Une collaboration de l’Agence culturelle et artistique en province de Luxembourg, de Culture & Démocratie – Plateforme d’observation des droits culturels, de l’ASTRAC et du Centre culturel de Bastogne.

Avec le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles et de la Province de Luxembourg.

Plus d’infos : l’Agence – agenceartculture@gmail.com – 0495/36 62 52 ou la Plateforme d’observation des droits culturels de Culture & Démocratie : thibault@cultureetdemocratie.

Pour vous inscrire : cliquez ici sur ce lien.


*Le nombre de places est limité.

N’hésitez pas à contacter l’Agence LU-CEED si vous avez besoin d’une solution pour vos déplacements.

Possibilité de solliciter le Soutien à la Formation du Fonds 4S : https://www.fonds-4s.org/soutien-formation/

Approche « sans distances »

Une APPROCHE des DROITS CULTURELS dans une formation expérimentale « en distanciel »

Une formation aux droits culturels par visioconférence a été expérimentée à deux reprises dans le cadre d’un partenariat entre la Fédération du Théâtre-Action et La Concertation ASBL-Action culturelle bruxelloise, avec la collaboration de membres de l’Association Marcel Hicter pour la démocratie culturelle et d’Article 27.

Les participant·es, réuni·es en deux sessions de quatre demi-journées chacune, membres de La Concertation, sont pour la plupart des travailleur·ses de Centres culturels de la Région bruxelloise mais aussi de la Maison de la Poésie, de Vidéo-Nomade, des Nouveaux disparus, 68 Septante asbl…

Une formation avec distance « technique » autour d’une table virtuelle imposée par les mesures de confinement à laquelle va impérativement s’adapter la formation.

Car, modelée autant par ces contraintes que par les nombreuses interrogations induites par le décret de 2013 relatif aux centres culturels, existe en matière de droits culturels une autre distance, symbolique celle-là, que synthétise abruptement un participant : « qu’est-ce que la culture a à faire avec le droit» ?

C’est cependant à une distance d’une autre nature, celle qui sépare les matières sociales et culturelles, que doit d’être née la formation « Approche des droits culturels ».

Brève explication

La formation « Approche des droits culturels » est née de trois rencontres en Auvergne lorsque Fred Janus, enseignant en sciences sociales, et Paul Biot, docteur en droit et cofondateur du théâtre-action, tous deux membres de la Commission Art et travail social de Culture & Démocratie ont, à trois reprises en 2016 et 2017, répondu à une demande de l’association « Culture du Cœur » de Clermont-Ferrand (Auvergne).

À ce moment en effet la Direction de la Culture du Département du Puy du Dôme s’attelait avec plusieurs associations de communes et de terrain à une action culturelle de grande envergure fondée sur un « changement de posture au sein d’une collectivité départementale, dont la compétence principale, réaffirmée par la loi NOTRe (Loi portant sur la nouvelle organisation territoriale de la République) est d’être le chef de file de l’action sociale ».

La loi NOTRe dont l’article 103 les rendait responsables, aux côtés de l’État français, de l’effectivité des droits culturels de la population. Ce rapprochement entre culture et social donnait une coloration singulière à une approche des droits culturels qui, comme dans la Déclaration des droits de l’homme (DUDH) de 1948, traitait dans son article 22, des droits culturels et sociaux.

Le Manuel « Approche des droits culturels » naissait de ces rencontres, offrant des « clés d’identification » de ces droits méconnus, retraçant leur histoire, fondée – comme tous les droits humains – sur des luttes universelles contre les discriminations qui ne le sont pas moins.

Retour sur l’expérience en visio-conférence

Dans l’expérience de la formation « à distance » le Manuel a constitué le premier contact de la formation avec les futur·es participant·es : un envoi préalable, avec le pari que, la curiosité aidant, ils et elles auront pu d’autant mieux préparer leurs questions. D’entrée de jeu en effet, est annoncé que leurs questions constitueraient le point de départ de la première « approche » de la matière. Un large tour de table virtuel y sera consacré, aussitôt très animé malgré la virtualité de la situation, chaque question renvoyant à une autre, à une piste de réponse, à un premier commentaire du formateur.

Les participant·es sont conscient·es que, dans une application fine des droits culturels à l’expérimentation de la formation, celle-ci sera co-construite au départ de leur parole. Complétée par une présentation des deux ateliers – animés respectivement par Mathias Mellaerts et de l’Association Marcel Hicter et Marie Camoin d’Article 27 – qui, également en « distanciel », accompagneront la formation théorique, la demi-journée devient de fait le nouveau point de départ de la formation.

La seconde étape va, au cours cette fois de toute une journée, associer la synthèse des premiers échanges à l’approche théorique et historique des droits culturels. Une synthèse qui structure et relie les questionnements, en regard des « clés d’identification » de ces droits étranges, qui forment la plus grande partie de cette Approche. Chaque fois que possible, pour préserver l’attention malgré la distance, la piste théorique identifie le paragraphe du Manuel qui concerne le point développé.

Les clés d’identification des droits culturels groupés en 4 ensembles forment la partie principale du Manuel : leur nature, enjeux, objectifs et contenus ; obligations engendrées, force contraignante et potentiel d’effectivité ; rapport aux autres droits humains et à des publics spécifiques ; contraintes réelles et virtuelles, capacité à s’inscrire dans les législations nationales (exemples belge et français). Cette forme de présentation par « clés »  sera utilisée par Jean-Michel Lucas dans son ouvrage Les droits culturels, enjeux débats et expérimentations, une intéressante exégèse de l’Observation Générale 21. Voir ICI l’analyse de cet ouvrage.

Aucune synthèse ne sera semblable à une autre : un mois plus tard, la seconde expérience de cette nature sera nécessairement différente : c’est la conséquence évidente de la prise en compte prioritaire des participant·es, chaque fois différent·es. C’est cela aussi, les droits culturels appliqués !

La moisson de la première journée mise en gerbes

Lors de cette première expérimentation, la synthèse présente les réflexions de la première rencontre selon en schéma distinguant le « QUOI » et le « COMMENT ».

Le QUOI :
LES FOSSÉS :entre pratique et théorie (entre celles et ceux qui savent et celles et ceux qui agissent ?). Le fossé du langage exigeant des termes clairs et compréhensibles, des obligations simplifiées.Les fossés créés par le cloisonnement entre culture et social, entre culture et politique. Le fossé de la transversalité, de la diversité : chacun·e est porteur·se et moteur·ice de sa culture, de son histoire propre, mais dans les faits, une grande partie de la population est absente.
JUSQU’OÙ VA LA MISSION D’UN CENTRE CULTUREL (CC) ? La culture ce n’est pas de l’occupationnel ; les approches sont différentes selon les CC : problème ou richesse ? Certains actes et paroles n’ont pas leur place dans les évaluations ; les droits culturels appellent les CC à une grande ambition.

LA CULTURE OU LES CULTURES ? Qu’ont à faire passer les « passeur·ses de culture » ? Les cultures sont liées par le territoire : territoires géographiques, territoires symboliques, réseaux associatifs.

RECOURIR AU DROIT POUR PARLER DE LA CULTURE ? Quelle légitimité les droits culturels apportent-ils ? Les droits culturels sont un lien mais sont complexes : ils présentent des contradictions conceptuelles – Vienne versus Fribourg – égalité versus liberté – et des conflits entre droits.

Le COMMENT ?
METTRE LES PAROLES EN ACTE : comment les gens peuvent-ils exprimer ce dont il·elles sont porteur·ses ? Les pratiques collectives. La poésie de tou·tes comme mode de médiation. Trouver le juste prétexte, s’identifier aux autres, s’intéresser à leur culture : dans l’ombre des normes, une question d’intuition et de comportement personnel des animateur·ices.
L’AUTRE APPROCHE DES DROITS ET DES OBLIGATIONS :le décret CC (2013) ne suffit pas à faire bouger les lignes, il faut les bons outils ; impliquer tous les gens : chacun·e est amené·e à donner sa parole ; interroger le territoire ; comprendre la logique de chacun·e, ce qui part des gens, du public.

LES DROITS COMPLÉMENTAIRES : les droits civils et politiques ; les situations spécifiques : la culture ou la priorité des besoins primaires ? L’entrelacement des droits culturels aux autres droits humains demande une approche multisectorielle et transversale, donc décloisonner social et culture.

LES OBLIGATIONS (LES MISSIONS DU DÉCRET) : comment répondre aux évaluations avec les critères de décrets différents selon les domaines ? Appliquer les droits culturels en interne : en parler en équipe ou s’organiser ? Mettre des mots sur les actes, comprendre la logique de chacun·e, relier ce qui part de l’équipe, trouver un langage commun. Le « vertige des mots » : les mots doivent faire sens.

La théorie mise à l’épreuve des faits

La partie théorique et historique – notamment les combats contre les discriminations qui ont émaillé la période initiée par la DUDH de 1948 et à la lente progression des droits humains et au sein de ceux-ci les droits culturels –, s’appuie sur ces bouquets de questions et entrainent de nouveaux débats, de nouvelles questions, des propositions de pistes de solutions concrètes.

Les ateliers de l’après-midi vont donner l’occasion aux participants d’affiner les questions portant sur l’organisation interne des opérateurs culturels (atelier de Mathias Mellaerts) et de vérifier les « postures, outils, défis » de plusieurs actions en lien avec la population, choisies et exposées par les participants (atelier de Marie Camoin).

Une des conclusions évidentes qui, lors de la dernière demi-journée, ressort de la dernière étape du processus est que la mise en œuvre de l’effectivité des droits culturels au sein de la population implique nécessairement des formes de relations et d’organisation internes de l’institution qui respectent ces droits à tous les niveaux de son organisation. En ce domaine, la cohérence parait une condition sine qua non de la réussite.

Une contrainte qui conduit à un enrichissement de la méthode

Le défi semble donc relevé d’une expérimentation répondant, malgré la difficulté du « distanciel » – ou grâce à elle ? – à une formation aux droits culturels qui les mette en pratique dans son processus et sa forme mêmes.

Elle se confirmera une seconde fois un mois plus tard, en faisant éclore tout autrement des questions – cependant de même essentialité – que traduiront cette fois quatre grandes lignes « d’approche »des droits culturels : doivent-ils se concevoir différemment selon les publics auxquels ils s’adressent ? Comment « être juste » et comment utiliser avec justesse le « prisme des droits culturels » ? Comment trouver le chemin dans le « grand écart » entre politiques descendantes – issues des injonctions du décret (pour les CC) ou des conventions – et celles, ascendantes, liées à la nature des droits culturels qui fait de chacun le·a titulaire de droits (dépassant les limites de la citoyenneté) ? Comment prendre les justes décisions dans les tensions entre droits primaires et droits culturels, entre droits culturels et les arts, entre droits culturels et politique ?

Cette seconde expérience de formation par visio-conférence se prolongera par un travail de réflexion porté par le caractère profondément exigeant des débats. Pour le formateur en effet l’écoute prioritaire des participant·es – une exigence en matière de droits culturels appliqués à la formation même – implique une écoute continue entre les trois phases du processus. Cette fois la dernière étape développera des questions posées en rafales, et donc trop rapidement abordées en journée plénière.

Des questions qui traduisent des malaises : le droit de choisir sa religion est-il de nature politique ou culturelle ? En quoi le rôle des CC comprend-il une implication au plan sociétal ? Comment dépasser la catégorisation entre secteurs sociaux et culturels, alors que les échevinats sont différents ? Quelle est la légitimité d’un CC si « la culture est partout »? Que sont les référents culturels face à une culture de masse ? Quelle est la légitimation de nos choix en tant que travailleur socio-culturel ?
Des demandes de précision : quelle est la nature et le degré de contrainte effective de l’Observation Générale 21 ? Quelle a été la position de la Belgique à l’égard des traités – universel et européen – sur les minorités ? Sur quoi reposent les entraves aux droits ? Leur progressivité ?

Les questions peuvent être très concrètes : dans le cas des appels à subsides, comment prioriser les droits culturels tout en répondant aux objectifs cadenassés par le cahier des charges ? Comment être attentifs à réduire les inégalités tout en faisant participer les publics de capital culturel différent à la programmation? Comment faire savoir à chacun·e qu’il et elle a des droits culturels et comment les faire valoir ? Quel moyen légal ? Quelles démarches autres que la participation et la consultation en matière de programmation et les contacts entre les asbl et les habitant·es ? Comment « bien » informer ?

La situation née de la pandémie du COVID 19 et des contraintes du confinement n’est pas absente des débats : quelle est la responsabilité sociétale d’un·e opérateur·ice culturel·le en tant que chargé·e par délégation, d’une mission publique ? En tant qu’entité indépendante, à partir de quand peut-on décider de s’opposer (voir à ce sujet le texte sur les actions de la Vénerie) ? Spécialement dans la situation actuelle et les appels à l’ordre public, une notion floue juridiquement, donnée pour réponse à tout en ce moment ? Quels leviers d’action ? Quel est le degré de préoccupation du monde enseignant à propos des droits culturels ? Quelle place occupe-t-elle dans leur cursus ? Quelles sont les obligations de l’État ? Comment se fait-il que les moyens manquent pour remplir les missions assignées et que la culture soit déclarée « non essentielle » ? Quels sont les cadenas qui nous empêchent d’agir ?

En matière de conclusion (provisoire)

Dans la mise en place de toute Journée de formation à l’Approche des droits culturels, les entretiens préalables sont impératifs : travailler en partenariat conceptuel avec chaque organisateur·ice, sonder ses enjeux et questionnements traversés par la question des droits culturels, et par cette rencontre d’enjeux, connaitre ceux des participant·es potentiel·les afin d’ouvrir « les clés d’identification » qui leur ouvrent leurs portes.

Tous les échanges font l’objet d’écrits systématiquement transmis de Journées en Journées. Le travail d’accompagnement est intense, continu, jamais répétitif, et donne naissance à une relation qui se perpétue au-delà des jours de formation proprement dits.

Aujourd’hui les deux expériences se poursuivent dans le cadre d’approfondissements monitorés par Mathias Mellaerts, l’animateur de l’atelier qui interrogeait les structures et relations internes aux opérateur·ices.

C’est une forme de formation qui forme assurément autant les formateur·ices que les participant·es !

Paul Biot

Formateur en droits culturels
Fédération du théâtre-action
Culture & Démocratie (Plateforme d’observation des droits culturels)